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Réponse à Bruno Piriou, maire de Corbeil-Essonnes

Bruno Piriou "a décidé de ne donner sa signature à aucun candidat à la présidentielle: il n’en attend plus rien, explique-t-il dans une tribune" que vous pouvez retrouver ici. Partageant son constat mais déterminé à porter un projet différent à la prochaine présidentielle, j'ai décidé de lui répondre.


À moins de 100 jours du premier tour de l’élection présidentielle, aucune candidature ne semble susciter un élan d’enthousiasme populaire autour de son programme. La désillusion de maire exprimée par Bruno Piriou est d’ailleurs probablement représentative de bon nombre d’électeurs, comme l’est aussi sûrement son optimisme. Sans être entièrement déconnectée de la crise sanitaire, cette morosité politique vis-à-vis de la prochaine élection présidentielle est plus fondamentalement la conséquence de notre système politique.


Les institutions de la Ve République sont en effet enfermées dans un paradoxe délétère : elles concentrent de nombreux pouvoirs dans les mains d’une personne mais n’apportent aucune garantie que celle-ci dispose du soutien de la majorité de la population. De ce fait, malgré la puissance juridique, administrative et symbolique que lui confèrent les institutions, la présidence nouvellement élue se retrouve incapable d’appliquer son programme sans s’opposer à la majorité qui n’a pas voté pour lui. Les mandatures s’enchaînent donc au rythme des renoncements et des passages en force qui laissent les blocages s’accumuler et viennent nourrir méfiance et frustration.


Otages impuissants de ce cercle vicieux, aucun des programmes de gouvernement qui nous sont présentés aujourd’hui, quelle que soient leur pertinence ou la sincérité avec laquelle ils sont défendus, ne réussira à susciter l’adhésion de la majorité nécessaire à son application en 2022. La situation est d’autant plus frustrante que, face aux crises économique, sociale, migratoire… et environnementale surtout, des solutions existent ! Et qu’une large partie de la population est prête à appliquer des mesures gouvernementales qui seraient issues d’un véritable débat démocratique.


Cela est d’autant plus vrai pour ma génération, très largement tentée par l’abstention au premier tour et pourtant fortement consciente de l’urgence d’apporter des réponses fortes à ces crises. Le seul projet à mettre en œuvre de façon prioritaire est donc celui qui rendrait possible, demain, la mise en œuvre d’actions gouvernementales plébiscitées par la majorité de la population.


C’est le projet que j’ai décidé de porter en me présentant au premier tour de l’élection présidentielle avec une proposition politique unique : la réécriture de notre constitution par une assemblée constituante déconnectée de tout autre programme politique partisan. L’objectif est de permettre à toutes celles et ceux qui ne se satisfont plus de l’offre politique actuelle de s’exprimer au premier tour par leur vote pour peser sur le cours de l’élection et faire de ce projet une réalité dès 2022.


Face à l’indifférence qu’inspirent les candidatures actuelles, il est encore temps de proposer une alternative positive et enthousiasmante. Nous pourrions ainsi, dès cette année, refaire société autour d’un nouveau récit fondé sur la rénovation démocratique de notre pays et, enfin, nous atteler à résoudre collectivement les problèmes du XXIe siècle.

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