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Abstention des jeunes : une approche radicalement différente


Suite à la publication de nombreux articles dans Le Monde au sujet de l'abstention des jeunes, j'ai décidé de leur envoyer une tribune afin de participer au débat public en tant que jeune, en tant qu'abstentionniste et en tant que candidat à l'élection présidentielle. Ma contribution ne fut pas retenue par la rédaction mais vous retrouverez le texte dans son intégralité ci-dessous.


Comment « réconcilier les jeunes avec l’arène politique traditionnelle » ? C’est une question qui préoccupe politiques et éditorialistes en cette nouvelle rentrée, comme le rappellent les deux pages consacrées à ce sujet dans Le Monde du 11 septembre dernier. Effectivement, la perspective d’une démocratie sans électeurs prend de plus en plus d’ampleur, nourrie notamment par des taux d’abstention vertigineux chez les jeunes.

Tout le monde s’accorde aujourd’hui sur le décalage qui existe entre les modalités d’action politique des jeunes (les marches pour le climat, l’engagement associatif, la mobilisation sur les réseaux sociaux…) et le cadre institutionnel qui régit notre vie publique. Il est plus inquiétant encore de noter que ce désengagement vis-à-vis du jeu politique conventionnel n’est pas l’apanage exclusif des jeunes mais concerne une partie grandissante de la population.

Pourtant, la nécessaire reconnexion entre le cadre institutionnel et cette nouvelle culture politique est le plus souvent envisagée à sens unique : comment réintégrer les jeunes dans le système actuel ?

De nombreuses initiatives en ce sens existent déjà, visant à remobiliser les jeunes et les abstentionnistes. Gouvernement, associations, partis politiques… tous s’échinent à ramener les électeurs aux urnes à coup de campagne publicitaire, de tribunes et d’appels à la responsabilité. Sans résultat visible jusqu’ici.

Il est peut-être temps d’admettre que les abstentionnistes, jeunes et moins jeunes, ne reviendront plus dans un cadre institutionnel élaboré il y a plus de cinquante ans. On pourrait alors enfin s’atteler à refonder un nouveau système, plus inclusif, dans lequel pourraient s’intégrer les nouvelles formes de mobilisation politique.

Cette rénovation de nos institutions est défendue par plusieurs mouvements politiques, et parfois de longue date. Mais elle est toujours mise au service d’un projet de société partisan, rarement consensuel.

Pour inventer un nouveau cadre d’expression et d’action politique capable de relégitimer durablement notre gouvernement, cette rénovation institutionnelle devra se faire à deux conditions essentielles : qu’elle soit déconnectée de tout objectif programmatique et qu’elle soit élaborée dans un processus démocratique permettant d’y associer toutes celles et ceux désireuses d’y participer.

La prochaine élection présidentielle offre justement une opportunité exceptionnelle pour inscrire un tel projet au cœur du débat public. Et faire entendre la voix de toutes celles et ceux qui ne veulent plus voter pour les multiples programmes de gouvernement qui leur sont proposés mais qui sont prêts à revenir aux urnes dès 2022 pour y défendre la rénovation démocratique de nos institutions.

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